D’abord redire :
Autour du mot patience
plusieurs rythmes.
Des aiguilles anesthésiantes et
des suggestions trop vives .
Absorber la stridence laide.
Partition imparfaite,
vieux défi haut de gammes.
Ne pas laisser couler le fiel larsen
le jus noir ou très rouge le surplus.
Plumer l’intolérance en robe d’amertume,
et laisser le silence prendre comme un goudron.
Pour neutraliser l’insolence,
Nous ferons donc peau vieille.
Au bout du chantier
voir la mue amaigrie
et laisser détaler en sourdine,
vos écaillés de voix…
Vos écaillés de voix… parfois.
C’est du gravat !
Et puis un jour ou l’autre renoncer à sonder.
Ne plus émulsionner cette ancienne musique .
Clouer de l’ indulgence aux parois des mémoires.
Les réhabiliter comme fosse d’aisance.
Ecologie des drames recyclés depuis la prime enfance,
au fin fond des jardins.
Au contact des grandes personnes abîmées
lessivées contaminantes, rincer le lien sourd-dingue
dans l’humeur délitée.
Maintenant fragmentée
laisser faner la phrase
dans l’herbier d’un piano désaccordé,
au pied d’un prunier d’angle à la rigueur.
Nos vergers noirs ont des cordes
qui vibrent depuis les premiers rêves
imprécations chromatiques et choisies.
Quelqu’un aura tressé un panier ancestral
dont l’anse nous sert de parenthèse torve
colportant par moments l’immémorial fardeau.
Avril 2010 - Avril 2011
In courbatures sentimentales ( Inédit)

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